Antoine d’Abbadie

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Explorateur, homme de Science et de Culture
Indépendamment de sa naissance et de son éducation, l’originalité d’Antoine d’Abbadie réside dans une insatiable et inlassable curiosité.

C’est dans ce terreau de curiosité, que le destin de l’homme de Science puise ses intentions de recherches et enracine sont goût pour l’action qui fait l’audace des découvreurs.

Homme du XIXème siècle, les champs d’exploration d’Antoine d’Abbadie concerne tout à la fois, la géodésie, la géographie, l’astronomie, la zoologie, la linguistique, la philologie, l’histoire de l’art, l’histoire des religions, l’ethnologie, ou encore l’anthropologie…
Antoine d’Abbadie, savant aux connaissances décloisonnées nous offre à Abbadia un manifeste d’humanisme et d’universalisme.

Homme d’engagement et d’actions, de 1837 à 1848 il explore l’Ethiopie, réalise des cartes, collecte des données scientifiques, linguistiques, sociologiques et rédige le premier dictionnaire bilingue français-amharique.

Au 19e siècle il n’est pas le seul à explorer les « Terra Incognita » de l’Afrique. Il est en revanche celui qui y séjournera le plus longtemps, sans arme, parlant les langues et dialectes ethniques.

Les honneurs l’accompagnent : médaille d’argent et d’or de la Société de géographie, légion d’honneur, médaille Arago de l’Académie des sciences, Président de l’Académie des sciences, Président de la société de géographie, membre du bureau des longitudes, Président de la société de linguistique, Président de la société de Philologie…

En édifiant Abbadia, il réalise son rêve de château néogothique, « d’etxe » basque, de manoir irlandais, mais avant tout de lieu d’observation, d’étude et d’avancement des sciences.

Voyageur savant

Alors qu’il prépare son départ pour l’Afrique à la recherche des sources du Nil dans les « terra incognita » de l’Abyssinie, Antoine d’Abbadie révèle l’humaniste universaliste dans les pages de son carnet « Pensées études et voyages de 1835 ».

« D’ailleurs, malgré le grand attrait des sciences exactes pour lesquelles je me suis toujours passionné, la perspective de visiter, uniquement comme géographe ou comme naturaliste, des contrées peu ou point connues, me souriait moins que l’étude des langues, des religions, des constitutions politiques et législatives, et de la littérature qui me paraissait devoir offrir des particularités dignes d’intérêt dans ces régions du sud, restées isolées de l’état stagnant ou décrépit de l’Orient comme de l’élan progressif de l’Europe. Je me laissai gagner dès lors par la pensée que la plus haute étude à laquelle l’homme puisse s’adonner est celle de ses semblables ».

Si Victor Hugo avait croisé la route d’Antoine d’Abbadie, il aurait sûrement reconsidéré sa vision des savants. « Le savant est d’un naturel étroit. Dans l’esprit du savant un coin seulement est éclairé, épaisse ténèbres partout ailleurs. Au fond de ces hommes spéciaux, il y a presque toujours une antipathie incurable pour toutes les choses de sentiment, d’imagination, de foi, de poésie, d’art de religion, c’est-à-dire pour tout le grand côté de l’humanité. »

Cette vision de l’homme de science enfermé dans sa recherche et obsédé par cette dernière n’est, heureusement, pas une généralité.

De retour de ses 12 années de voyage et de recherche, Antoine d’Abbadie s’installe sur la terre de ses ancêtres Basques, à Hendaye. A Abbadia, son château observatoire, Antoine d’Abbadie illustre les façades de ses engagements, grave ses pensées dans les décors, transforme sa demeure en instrument scientifique. Avec une liberté de ton stimulante, d’Abbadie jette ainsi un nouveau regard sur les sciences misent en art. Il nous montre que la science peut être source de récits, de discussions, de dialogues. Qu’elle peut procurer du plaisir, le plaisir de la connaissance, de la découverte, de la curiosité. Le plaisir de s’interroger inlassablement sur ce qui nous entoure et invite tout aussi inlassablement à mettre en action, l’observateur, le curieux, l’explorateur, l’expérimentateur, le savant qui sommeille en chacun de nous.

Le château d’Abbadie

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Sur la Pointe Sainte-Anne à Hendaye (Pyrénées-Atlantiques), surplombant la falaise et l’océan, le Château Observatoire Abbadia dresse son étonnante silhouette, tel un manoir irlandais égaré sur la lande basque. L’édification de ce château est le fruit d’une profonde réflexion de la part de son commanditaire, Antoine d’Abbadie, qui après mûre réflexion confia le chantier à Eugène Viollet-le-Duc. C’est un pur joyau de l’art néogothique.

Situé dans l’aile nord du château, un observatoire astronomique doté d’une rare lunette méridienne à cercle de mesure décimale, donne au site une dimension singulière. Poussée à l’extrême, la sobriété de cette salle est en rupture complète avec le reste de la demeure. Là, se dresseront les premiers catalogues d’étoiles et là, œuvreront, jusqu’en 1975, plusieurs générations d’astronomes sous la conduite de prêtres.

Récemment restauré, le château observatoire Abbadia est la propriété de l’Académie des sciences. Antoine d’Abbadie, sans héritier, a en effet, légué ce château à l’Académie, dont il était membre, en 1886.