Ballade agro-paysagère entre les portes du temps. En écho avec le Futuroscope

Il ne fait aucun doute que les travaux de Godin de Lépinay, ingénieur X-pont ont fortement impacté les paysages que ses tracés ont visités. Qu’il s’agisse d’une voie ferrée, d’une adduction d’eau ou d‘un canal, il y a eu le paysage avant et après, tout comme pour le tracé des lignes LGV du 21e siècle.

Soucieux de l’environnement et inscrit dans la modernité de son époque il a bien fallu pour lui composer entre les intérêts des agriculteurs et des éleveurs confrontés au morcellement de leurs domaines et l’ouverture des brèches indispensables à cette explosion des transports terrestres et maritimes porteurs des prémices de la mondialisation.

Les paysages

II est banal de rappeler que le mot paysage appartient au vocabulaire le plus courant et le plus quotidien : « quel beau paysage ! » s’exclament les touristes venus processionner à la Mer de Glace.

Le mot paysage recouvre en fait des réalités très diverses :

  • le paysage serait l’ensemble des caractéristiques du terrain découvert par la vue,
  • ou bien il désigne l’activité humaine correspondant aux verbes utilisés (labourage: action de labourer).

Le mot paysage serait donc aussi bien l’action de percevoir le pays que l’observation des traits qui le caractérisent. Il y a donc autant un acte de paysage, qui privilégierait la perception globale, qu’un objet paysage, susceptible d’être maîtrisé de façon analytique, rationnelle et, pour tout dire, scientifique.

La science peut donc aborder, à travers les paysages, un certain nombre de questions :

  • Quels sont les grands équilibres naturels qui se cachent derrière les paysages qui nous entourent ?
  • Comment peut-on expliquer ces équilibres en observant les paysages ?
  • Etc.

Les agro-paysages ou le paysage comme lien entre les projets d’agriculture et d’urbanisme.

Le rôle multifonctionnel du paysage est ainsi mis en évidence, en identifiant les vocations du territoire agricole et les usages potentiels appropriés aux caractéristiques de ce contexte. Loin d’être une décomposition fonctionnelle du territoire, cette articulation renouvelée des milieux diversifiés en rend plus évidente la richesse. Les agro-paysages sont, en effet, des «descriptions chargées d’intentions de projet» qui possèdent en eux-mêmes un caractère opératoire. Les espaces ouverts ont été lus et interprétés selon une logique systémique, où chaque élément joue un rôle spécifique qui valorise son individualité et contribue à la définition du dessin de l’ensemble.

Description des franges urbaines et rurales

En Europe, les projets urbains de ce début de siècle sont irrémédiablement marqués par les références au développement durable. Ils annoncent de nouvelles manières de considérer la ville et son devenir. S’il convient de se méfier de la rhétorique de la nouveauté et des processus de légitimation portés par les références au développement durable, ces projets urbains visent cependant à répondre à un ensemble d’enjeux que l’on ne peut négliger aujourd’hui, ne serait-ce que parce que le droit les intègre progressivement.

Il s’agit d’abord de contenir la ville et les espaces péri-urbains comme les tracés de routes, de voies ferrées, etc. pour limiter la consommation d’espaces naturels et agricoles. Il est également question de redonner place à la nature dans les espaces urbains et péri-urbains, d’encourager de nouvelles relations entre la ville et son environnement, tout comme avec la campagne qui l’entoure.

Les relations entre ces espaces de l’aire urbaine et péri-urbaine ne semblent être analysées que sous l’angle des relations fonctionnelles et des flux interterritoriaux, or il convient de les aborder, tout comme Godin de Lépinay l’a fait en son temps, comme des espaces de transition, nette ou graduée, où la ville et la route laissent place à autre chose : la campagne, la forêt, la « nature », le terrain vague ou la friche en attente de projets.

Impact de l’urbanisme sur la ruralité et l’agro-paysage

La périurbanisation désigne le processus de « retour » ou « fuite » des citadins vers les campagnes ou pour faire plus simplement le déplacement durable de population quittant les zones urbaines pour aller s’implanter dans les zones rurales. À partir de la fin des années 1960 et du début des années 1970, dans des espaces périurbains qualifiés de ruraux. Phénomène relatif, aléatoire et mouvant, la périurbanisation recouvre plusieurs réalités.

En définitive, c’est surtout un processus d’extension spatiale de la ville et donc de perte de milieux naturels et/ou ruraux. Par exemple, en France en 2011 selon le ministère de l’écologie, une moyenne de 165 hectares de milieux naturels et terrains agricoles sont détruits chaque jour ; remplacés par des routes, des habitations, des zones d’activité.

Cette approche de l’étude et de la conservation des espaces agricoles complète celle évoquée précédemment à propos d’une agriculture moderne raisonnée.