Un laboratoire en plein air.

En 1874, Pasteur achète une vigne à Montigny-les-Arsures qu’il agrandit en 1879 et 1892 pour une surface totale de 47 ares 50.

En 1878, il organise sur cette vigne une expérience historique pour répondre à l’écrit de son ami Claude Bernard, qui remettait en cause l’origine biologique des fermentations alcooliques. Il enferme des pieds de vigne à l’intérieur de serres et entoure les grappes de coton. Il montre que le jus tiré des grappes mises ainsi à l’abri des germes de l’air, ne peut fermenter.

Grâce à cette expérience remarquable, la vigne de Rosières est désormais célèbre dans l’histoire des sciences. Facile d’accès, le clos est souvent un but de promenade pour le savant et ses proches.

Ce clos de Rosières est toujours en production aujourd’hui, il est exploité par la Société Henri Maire mais non commercialisé. La vigne abrite les cinq cépages fins du Jura : Chardonnay, Savagnin, Poulsard, Pinot Noir et Trousseau, mais aussi un pied de vigne de cépage inconnu : le cépage Pasteur !

L’Académie des sciences a décidé de redonner à cette vigne le rôle de laboratoire que Louis Pasteur avait organisé. C’est ainsi qu’un groupe de chercheur et de professionnels de la viticulture se sont associés pour mettre en place un programme de recherche sur une maladie du bois de la vigne : l’esca. Les différents thèmes mis en œuvre sont :

  • Thème 1. Comparaison des sensibilités à l’esca des 5 cépages employés dans le vignoble d’Arbois ;
  • Thème 2. Identification du ou des pathogènes responsable(s) de l’esca ;
  • Thème 3. Identification de cépages tolérants/résistants dans la « core collection» de Vitis vinifera établie par l’INRA.

Les maladies du bois de la vigne

Ces maladies rendent aujourd’hui improductifs près de 13 % du vignoble français. Parmi elles, l’esca, bien qu’ancienne, semble faire plus de ravages encore que par le passé. Ces maladies pourraient devenir une
préoccupation majeure pour la filière viti-vinicole dans les prochaines années, notamment en raison des modifications du climat. Il n’en faut pas plus pour que la vigne de Louis Pasteur retrouve naturellement sa fonction de laboratoire « plein champ ».

Les ceps de vigne du clos de Rosières vont être arrachés, puis d’autres replantés, afin de créer le premier site pilote d’étude des maladies du bois de la vigne au niveau mondial.

Un groupe de recherche national piloté par Michel Caboche, membre de l’Académie de sciences, évaluera les facteurs déclenchant ces maladies et la résistance naturelle de certains pieds de vigne.

L’objectif à long terme : tester des agents microbiens pour lutter contre ce fléau.